LA DIÈTE DANS LA MAYR-KUR

Déjà du temps d’Hippocrate et des médecins chinois des premières dynasties impériales la thérapie radicale de l’intestin consistait en un jeûne, parce qu’ils pensaient que le repos total de l’appareil digestif était le meilleur remède à sa fatigue chronique.

Aussi F.X.Mayr prescrivit dans sa Mayr-Kur le jeûne total, en y ajoutant une alternative absolument originale : le jeûne adouci à base de lait mouillé de salive. C’est une méthode indiquée pour des sujets affaiblis et très intoxiqués, qui ne seraient pas à même de supporter un jeûne total (c’est le cas de nos jours de la majorité des individus).

Notre médecin autrichien observa qu’un malade de l’intestin – même s’il est maigre – mange toujours trop et n’assimile seulement qu’un tiers de ce qu’il mange. Les deux autres tiers des aliments s’accumulent alors et stagnent dans l’intestin, constituant ainsi un terrain idéal pour la prolifération microbienne.

Ces malades sont donc hyper-alimentés mais hypo-nourris, et par conséquent ne peuvent supporter un jeûne complet ; cependant, ils ont plus que jamais besoin de mettre au repos leur intestin, surchargé pendant trop longtemps par une alimentation excessive.

La diète lactée mouillée de salive, la réponse à ce dilemme, est pratiquement une bouillie la plus facilement digérable qu’un diétologue ait jamais pu imaginer : le lait mouillé de salive.

Le patient mâche très soigneusement un minuscule morceau de pain rassis – ou d’une biscotte ou d’une cracotte de n’importe quelle céréale raffinée (froment, riz, maïs, épeautre) – jusqu’à l’en rendre complètement liquide ; en mastiquant, il recueille une certaine quantité de salive ; ensuite, il introduit en bouche une seule petite cuillère de lait, la mélange soigneusement avec la salive, et déglutit enfin cette bouillie ainsi préparée dans son propre corps. En cas d’intolérance ou d’allergie au lait de vache, ont peut utiliser, de la même façon, yogourt, lait de chèvre, infusion de soja ou d’avoine.

Cette procédure est répétée beaucoup de fois, jusqu’à la satiété ; les repas sont seulement au nombre de deux par jour, petit déjeuner et déjeuner, tandis qu’on jeûne totalement le soir. Le jeûne du soir (le dinner-cancelling des auteurs américains qui commencent à le découvrir comme facteur anti-aging !) pendant la cure est fondamental, par ce qu’on doit éviter de manger quand l’intestin, comme l’ensemble du corps, est le plus fatigué. Malgré le jeûne du soir, c’est très rare qu’on souffre de la faim, parce qu’on mange toujours jusqu’à la complète satiété dans les deux autres repas.

En effet, quel aliment serait plus digeste pour un être humain adulte que le lait de vache, mouillé par la salive de ses propres glandes salivaires ? Mayr disait que si quelqu’un avait une meilleure idée, il serait heureux qu’elle lui soit proposée ; mais, jusqu’alors, personne n’en a rien fait ; par ailleurs, les autres diètes expérimentées n’ont pas soutenu la comparaison avec le « pain et le lait » de la May-Kur.

On a notamment obtenu de mauvais résultats avec les jeûnes adoucis à base de jus de fruits frais ou de légumes, lesquels produisent des fermentations excessives.  Des résultats encore plus décevants ont été enregistrés avec les diètes hyper-fibreuses, c’est-à-dire très riches en fruits, légumes et céréales complètes, qui ne font pas reposer l’intestin, mais le fatiguent encore plus et produisent de même des fermentations excessives.  Naturellement, après la cure, une fois que l’intestin s’est reposé et est redevenu sain, ont peut recommencer de manger avec modération non seulement tous les aliments végétaux, mais tous les aliments animaux qu’on désire, à condition qu’ils soient biologiques.

Pour parvenir à un bon résultat, le jeûne adouci doit durer plusieurs semaines, de 2 à 4 selon les cas. Habituellement, on effectue 2 semaines de jeûne adouci chez soi ou en hôtel de cure avec le médecin Mayr, et on continue encore 1 ou 2 semaines chez soi. L’auto-expérimentation pendant les deux premières semaines est dangereuse et absolument déconseillée, parce que durant cette période surviennent souvent des « crises de guérison », difficiles à résoudre sans l’aide d’un médecin Mayr à son côté.

Les crises de guérison sont des troubles légers et de courte durée, qui surviennent dans les premier jours de cure par suite de l’effet irritant sur les terminations nerveuses causé par les toxines mobilisées des leur depots corporels. Ces troubles peuvent être : mal à la tête, mal au dos, nausée, vomissement, diarrhée, fatigue, dépression nerveuse, insomnie, vertige.